Ombres et lumières : l’histoire d’Hector Zazou

Pour l’écriture de ce portrait, nous avons interrogé plusieurs de ses amis, collègues, collaborateurs et proches collaborateurs à travers les années : Joseph Racaille, camarade dans son premier « groupe » Barricade puis son alter ego dans le duo ZNR ; Guillaume Loizillon de CY1, électronicien de l’underground free dont Zazou transforma les expérimentations au synthétiseur en or dans Noir et Blanc ; Marc Hollander, leader d’Aksak Maboul et directeur du légendaire label Crammed qui sortit nombre de ses plus beaux disques ; son camarade de perturbation Jacques Pasquier, producteur, concepteur, agitateur politique et label manager de Scopa Invisible ; la comédienne et journaliste Jeanne Folly, à qui il fit chanter les pires obscénités sur le culte La Perversita, avec qui il écrivit un roman noir et partagea une partie de sa vie ; le producteur, journaliste et éditeur Jean-Michel Reusser, fondateur de Taktic Music et détenteur des clés du « temple » Zazou; le multi-instrumentiste Renaud-Gabriel Pion, compagnon de route de longue date qui joue sur la plupart de ses disques les plus emblématiques des années 90 et 2000 ; le compositeur Bruno Letort, qui produisit nombre de ses disques via son label Signature ; enfin son fils Valentin Zazou, ex-musicien, aventurier et baroudeur. Le portrait que l’on en tire est encore très imparfait, mangé aux mites de trous, bourré de contradictions. Il nous fait surtout penser qu’une ébauche de ce personnage important des avant-gardes européennes nous informe de manière remarquable sur le contexte musical, culturel, politique des époques que Pierre Job a traversées.

Olivier Lamm, Red Bull Music Award 2015, 5 novembre 2015